Portrait
Dans la salle de bain d’Alice Damiens, créatrice de Romie Objetti
On peut voir une forme de soin de soi à s’écouter et à suivre sa véritable vocation… Après dix ans la mode, Alice Damiens quitte les croquis de vêtements pour le travail du bois et fonde Romie Objetti. Ses mains deviennent alors son outil le plus précieux aux côtés de sa créativité. Aujourd’hui, elle façonne des objets uniques, à la frontière du design, de l’artisanat et de l’art, avec une profonde sensibilité et une liberté presque méditative. Alice nous a ouvert les portes de son univers entre rituels de beauté, gestes de soin et inspiration du quotidien…
Pourquoi Romie Objetti ?
“Quand j’ai imaginé ce projet, je le voyais d’abord comme quelque chose de parallèle à mon travail de styliste, presque un monde à part. Je ne me voyais pas lui donner tout de suite mon nom et mon prénom. Romie est un prénom que j’ai toujours aimé, et j’ai eu envie de me l’approprier. Avec le temps, c’est devenu une nouvelle identité, mon identité choisie, celle dans laquelle je me reconnais pleinement aujourd’hui. Le mot “Objetti” est venu peu après. Au départ, on me demandait souvent quel type d’objet je faisais, et je n’avais pas envie de me ranger dans une catégorie précise. Je cherchais un mot qui puisse englober tous types d’objets, avec une sonorité chantante, solaire. “Objetti” est un mot qui n'existe pas et justement, c'est comme ça qu'il me laisse une grande liberté. Il suggère une pluralité de formes, d’usages et une manière ouverte d’aborder la création.”
De designer dans la mode à sculptrice de bijoux, objets et totems en bois… Quel a été le déclic derrière ce changement de matières ?
“Le déclic a été assez brutal. Ça faisait déjà un moment que je ressentais le besoin d’être à l’atelier, de travailler la matière. Mon travail dans la mode me demandait énormément d’énergie, une énergie que j’avais de plus en plus envie de consacrer à un projet personnel, quelque chose qui me ressemble entièrement.
Et puis il y a eu un cauchemar. J’ai rêvé que je perdais mon père. J’avais dix ans de plus, j’étais toujours au même poste, et je réalisais que je regrettais profondément de ne pas avoir réagi plus tôt, à l’époque où je me posais déjà toutes ces questions. J’avais l’impression d’être passée à côté de tout le savoir-faire qu’il aurait pu me transmettre.
C’était un samedi. Le lundi suivant, je suis allée voir mon boss pour lui parler de mon départ. Voilà le déclic. Assez brutal, mais finalement évident. Et depuis, je n’ai jamais regretté ce choix. Le bois s’est imposé à moi assez naturellement, parce que j’ai grandi avec cette matière. Si j’avais grandi entourée de terre, de peinture ou d’un autre médium, mon premier langage créatif aurait sans doute été différent.”
Quelle est ta vision du bien-être ?
“Pour moi, c’est primordial. J’ai du mal à imaginer se sentir vraiment bien avec soi-même, ou heureux, sans prendre soin de soi. Et je ne parle pas forcément de choses uniquement physiques, mais plutôt d’une prise de soin plus profonde. Écouter son corps, manger sainement, respecter ses rythmes… tout ça a un impact énorme sur le mental, et ça se ressent ensuite sur la peau, sur le corps, sur l’énergie en général.
Après, j’ai toujours été assez coquette. Petite, j’adorais sentir les crèmes de ma mère et de ma grand-mère. J’ai beaucoup de souvenirs liés à l’univers de la beauté, du maquillage. Même si le maquillage restait très discret dans ma famille, j’ai toujours eu une grande curiosité pour ces petits univers. J’aimais fouiller, sentir, essayer tout ce qui se trouvait dans une salle de bains ou une trousse de maquillage.
Et j’ai toujours adoré les masques pour le visage. J’ai cette image très ancrée des mamans dans les dessins animés ou les films de mon adolescence, avec des masques en tous genres sur la tête, et ça m’a toujours fait rêver. Aujourd’hui encore, dès que j’ai un petit coup de mou, hop, un masque. Je me rends compte que ça joue beaucoup sur mon humeur, et que je trouve un vrai réconfort dans les soins.”
"Je trouve la beauté dans l’émotion. Dans ce qui me procure quelque chose de positif, d’apaisant. Tout ce qui me fait ressentir une émotion fait partie de mon univers, de mon intérieur et devient une source d’inspiration. "
Quels sont les indispensables de ta salle de bain ?
Bon, comme dit plus haut, grosse passion pour les masques. J’adore ceux de Biodance, de Beauty of Joseon et les patchs pour les yeux de Talm. Je suis aussi une adepte du double nettoyage. Ensuite, j’alterne avec une lotion selon l’état de ma peau : à l’acide glycolique quand je sens mon teint un peu terne, ou plus hydratante. Celle au riz de Beauty of Joseon est un vrai coup de cœur. Mes rituels changent beaucoup selon les saisons, mais l’hiver, le chaud-froid à l’atelier rend ma peau beaucoup plus sensible, donc je suis encore plus vigilante sur l’hydratation et la protection.
J’utilise surtout une crème nourrissante et protectrice, et je viens justement de découvrir la Crème Riche Raffermissante de chez Oh My Cream Skincare, que j’adore. Le soir, j’aime bien compléter avec des huiles, notamment l'Huile Repulpante de chez Oh My Cream Skincare ou la Skin Booster de Mimétique. Et s’il ne fallait vraiment en garder qu’un, ce serait sans hésiter le Lip Balm de L:A Bruket. J’ai une consommation de baume à lèvres assez incroyable, et celui-ci ne m’a jamais déçue. J’adore aussi la version nuit, avec cette petite note de fleur d’oranger… je suis complètement addict.”
Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier ?
“Il y a plein de choses que j’adore dans mon métier, mais si je devais en choisir une, ce serait le moment où un projet se concrétise dans ma tête. Ce moment très intense où je réfléchis, je m’inspire, je dessine rapidement, je commence à découper… et où je sens que je tiens quelque chose, que ça me fait presque frissonner.
J’aime profondément ce métier. Même s’il peut être dur physiquement, et parfois mentalement aussi, parce que je suis souvent seule à tout gérer. J’ai bien sûr le soutien de mon père à l’atelier quand il le faut, et celui de mon entourage, mais ce sont des aventures exigeantes, qui demandent beaucoup d’énergie.
Et pourtant, je ne l’échangerais pour rien au monde.
J’aime aussi énormément la liberté que j’ai réussi à construire, les rencontres que ce travail m’a apportées… et ces moments très simples où je sculpte, où je suis complètement absorbée dans mon travail, enveloppée dans les copeaux, les odeurs du bois. Dans mon monde, finalement. Je sais alors que ce moment n’appartient qu’à moi et je mesure ma chance.”
Suivez Alice dans ses aventures créatrives sur son compte Instagram @romie.objetti, et pour découvrir ses sculptures, rendez-vous sur www.romie-objetti.com.
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