Portrait

Dans la salle de bain d’Alice Damiens, créatrice de Romie Objetti

On peut voir une forme de soin de soi à s’écouter et à suivre sa véritable vocation… Après dix ans la mode, Alice Damiens quitte les croquis de vêtements pour le travail du bois et fonde Romie Objetti. Ses mains deviennent alors son outil le plus précieux aux côtés de sa créativité. Aujourd’hui, elle façonne des objets uniques, à la frontière du design, de l’artisanat et de l’art, avec une profonde sensibilité et une liberté presque méditative. Alice nous a ouvert les portes de son univers entre rituels de beauté, gestes de soin et inspiration du quotidien… 

#seo : alice damiens

Dis-nous tout sur toi

“Je m'appelle Alice Damiens. Je suis sculptrice sur bois depuis bientôt quatre ans.Après presque dix ans comme styliste dans le prêt-à-porter et les accessoires, j’ai eu besoin de changer de rythme. J’ai quitté mon poste assez instinctivement, avec l’envie de revenir à quelque chose de plus manuel, plus concret. C’est comme ça que Romie, Romie Objetti, est née. J’avais surtout besoin de créer les choses de A à Z, d’être complètement maîtresse de mes pièces, ce qui n’était pas vraiment possible dans le monde de la mode, où beaucoup de choses sont contraintes par l’industrie, les délais et la production. Le bois s’est imposé naturellement et la sculpture est devenue mon langage. Aujourd’hui, je crée des objets uniques, à la frontière entre l’artisanat, le design et l’art."

#seo : romie objetti

D’où te vient cette passion pour la création et le bois ? 

“J’ai grandi auprès de mon père qui est sculpteur-ébéniste, lui-même fils de menuisier. Donc le bois a toujours été omniprésent autour de moi. Que ce soit dans la décoration, dans l’aménagement de la maison, mais aussi dans les odeurs, dans le quotidien… c’est vraiment une matière familière. J’ai aussi grandi dans une famille où, quand tu veux quelque chose, tu le fais par toi-même. Même si ce n’est pas parfait, ça aura toujours plus de valeur que quelque chose trouvé ailleurs, parce que tu l’as fait avec tes mains, avec du temps, et avec amour. Donc je crois que tout part de là, de l’enfance."

Pourquoi Romie Objetti ? 

“Quand j’ai imaginé ce projet, je le voyais d’abord comme quelque chose de parallèle à mon travail de styliste, presque un monde à part. Je ne me voyais pas lui donner tout de suite mon nom et mon prénom. Romie est un prénom que j’ai toujours aimé, et j’ai eu envie de me l’approprier. Avec le temps, c’est devenu une nouvelle identité, mon identité choisie, celle dans laquelle je me reconnais pleinement aujourd’hui. Le mot “Objetti” est venu peu après. Au départ, on me demandait souvent quel type d’objet je faisais, et je n’avais pas envie de me ranger dans une catégorie précise. Je cherchais un mot qui puisse englober tous types d’objets, avec une sonorité chantante, solaire. “Objetti” est un mot qui n'existe pas et justement, c'est comme ça qu'il me laisse une grande liberté. Il suggère une pluralité de formes, d’usages et une manière ouverte d’aborder la création.”

#seo : alice damiens

Qu’est-ce qui te fascine autant avec le bois ? 

“Tout me fascine dans le bois. La sensualité qui s’en dégage, la multiplicité des manières de le travailler, et l’écart qu’il peut y avoir entre son état brut et son état poli. C’est une matière vivante, qui bouge, qui réagit, presque comme la peau, et c’est quelque chose qui me fascine énormément. D’ailleurs, pour expliquer le bois et la façon dont on doit le protéger et l’entretenir, je le compare souvent à la peau. S’il fait trop sec, il se fend. S’il fait trop humide, il gonfle. Il faut le protéger du soleil, car cela peut altérer sa couleur. C’est une matière exigeante, mais très expressive.”

Crédit photo : Clara Infante

De designer dans la mode à sculptrice de bijoux, objets et totems en bois… Quel a été le déclic derrière ce changement de matières ? 

“Le déclic a été assez brutal. Ça faisait déjà un moment que je ressentais le besoin d’être à l’atelier, de travailler la matière. Mon travail dans la mode me demandait énormément d’énergie, une énergie que j’avais de plus en plus envie de consacrer à un projet personnel, quelque chose qui me ressemble entièrement.

Et puis il y a eu un cauchemar. J’ai rêvé que je perdais mon père. J’avais dix ans de plus, j’étais toujours au même poste, et je réalisais que je regrettais profondément de ne pas avoir réagi plus tôt, à l’époque où je me posais déjà toutes ces questions. J’avais l’impression d’être passée à côté de tout le savoir-faire qu’il aurait pu me transmettre.

C’était un samedi. Le lundi suivant, je suis allée voir mon boss pour lui parler de mon départ. Voilà le déclic. Assez brutal, mais finalement évident. Et depuis, je n’ai jamais regretté ce choix. Le bois s’est imposé à moi assez naturellement, parce que j’ai grandi avec cette matière. Si j’avais grandi entourée de terre, de peinture ou d’un autre médium, mon premier langage créatif aurait sans doute été différent.”

Il y une forme de bien-être à se laisser aller à sa vraie vocation…

“Oui, clairement. C’est même ce qui m’a fait réaliser que je voulais être à l’atelier. Travailler sur mes pièces me fait me sentir vraiment à ma place, et pour moi, c’est essentiel. Bien sûr, il y a aussi beaucoup de périodes de stress, parfois même d’angoisse. Mais je me sens tellement au bon endroit que j’arrive à relativiser très vite. Être à l’atelier m’aide à me recentrer, à retrouver un équilibre.”

Quelle est ta vision du bien-être ? 

“Pour moi, c’est primordial. J’ai du mal à imaginer se sentir vraiment bien avec soi-même, ou heureux, sans prendre soin de soi. Et je ne parle pas forcément de choses uniquement physiques, mais plutôt d’une prise de soin plus profonde. Écouter son corps, manger sainement, respecter ses rythmes… tout ça a un impact énorme sur le mental, et ça se ressent ensuite sur la peau, sur le corps, sur l’énergie en général.

Après, j’ai toujours été assez coquette. Petite, j’adorais sentir les crèmes de ma mère et de ma grand-mère. J’ai beaucoup de souvenirs liés à l’univers de la beauté, du maquillage. Même si le maquillage restait très discret dans ma famille, j’ai toujours eu une grande curiosité pour ces petits univers. J’aimais fouiller, sentir, essayer tout ce qui se trouvait dans une salle de bains ou une trousse de maquillage.

Et j’ai toujours adoré les masques pour le visage. J’ai cette image très ancrée des mamans dans les dessins animés ou les films de mon adolescence, avec des masques en tous genres sur la tête, et ça m’a toujours fait rêver. Aujourd’hui encore, dès que j’ai un petit coup de mou, hop, un masque. Je me rends compte que ça joue beaucoup sur mon humeur, et que je trouve un vrai réconfort dans les soins.”

"Je trouve la beauté dans l’émotion. Dans ce qui me procure quelque chose de positif, d’apaisant. Tout ce qui me fait ressentir une émotion fait partie de mon univers, de mon intérieur et devient une source d’inspiration. "

Quels sont les indispensables de ta salle de bain ? 

Bon, comme dit plus haut, grosse passion pour les masques. J’adore ceux de Biodance, de Beauty of Joseon et les patchs pour les yeux de Talm. Je suis aussi une adepte du double nettoyage. Ensuite, j’alterne avec une lotion selon l’état de ma peau : à l’acide glycolique quand je sens mon teint un peu terne, ou plus hydratante. Celle au riz de Beauty of Joseon est un vrai coup de cœur. Mes rituels changent beaucoup selon les saisons, mais l’hiver, le chaud-froid à l’atelier rend ma peau beaucoup plus sensible, donc je suis encore plus vigilante sur l’hydratation et la protection.

J’utilise surtout une crème nourrissante et protectrice, et je viens justement de découvrir la Crème Riche Raffermissante de chez Oh My Cream Skincare, que j’adore. Le soir, j’aime bien compléter avec des huiles, notamment l'Huile Repulpante de chez Oh My Cream Skincare ou la Skin Booster de Mimétique. Et s’il ne fallait vraiment en garder qu’un, ce serait sans hésiter le Lip Balm de L:A Bruket. J’ai une consommation de baume à lèvres assez incroyable, et celui-ci ne m’a jamais déçue. J’adore aussi la version nuit, avec cette petite note de fleur d’oranger… je suis complètement addict.”

#seo : crème riche oh my cream

Avec un travail aussi physique que le tien, quel est ton geste essentiel pour prendre soin de tes mains ? 

“Pour mes mains, j’essaie de les préserver au maximum, même si elles s’abîment très vite. Je porte des gants dès que je peux, mais il y a aussi des machines où c’est interdit pour des raisons de sécurité, donc on est forcément très exposé. L’hydratation est vraiment essentielle, surtout l’hiver. Il m’arrive même de dormir avec des gants en coton après avoir appliqué une crème très riche pour nourrir en profondeur. Et au-delà du soin, il y a surtout quelque chose de fondamental : la concentration. Dans l’atelier, tout va vite, et un moment d’inattention peut suffire. Je me suis déjà coupée un bout de petit doigt, et ça rappelle à quel point ce métier demande une vigilance constante…” 

#seo : alice damiens

Au-delà des cosmétiques, quels sont tes rituels wellness qui t’aident à te recentrer ? 

“Pour me recentrer, au-delà des cosmétiques, j’ai vraiment besoin de gestes très physiques. Comme je suis toujours debout à l’atelier, m’étirer est essentiel, et j’ai besoin de faire circuler le sang, de relâcher les tensions. Je suis une grande adepte du brossage, vraiment sous toutes ses formes. Je me brosse de la tête aux pieds, et ça me fait un bien fou. Avant ou après une bonne douche (ça dépend de mon état de propreté avant, ahah). Et en raison de la poussière à l’atelier, je dois aussi brosser mes cheveux sérieusement. J’essaie de les préserver au maximum du dessèchement, mais le brossage est devenu un vrai geste quotidien, la brosse en poil de sanglier a été une vraie révélation. Et après la douche, j’aime faire un petit rituel de Gua Sha sur le visage. Tout de suite, ça remet les choses en place, ça détend et ça me recentre.”

Quelles petites choses de ton quotidien nourrissent ta créativité ?

“Tout nourrit ma créativité, vraiment. Ce sont souvent les petites choses du quotidien qui me touchent le plus. Comme je le disais, je trouve de la beauté dans des choses très simples : une feuille, une fleur, une lumière, un geste. Je pense que j’ai une capacité à être attentive à ce qui est sensible, à ce qui dégage une émotion. Et c’est ça qui m’inspire au quotidien. Après, il y a aussi tout ce que je nourris autour : j’aime écouter des podcasts sur des vies inspirantes, regarder des films, me plonger dans des livres. J’adore aussi aller à la bibliothèque et feuilleter des ouvrages sur des sujets qui n’ont parfois rien à voir avec mon travail. Tout ça s’accumule, consciemment ou non, et finit toujours par ressortir dans mes pièces.”

Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier ?

“Il y a plein de choses que j’adore dans mon métier, mais si je devais en choisir une, ce serait le moment où un projet se concrétise dans ma tête. Ce moment très intense où je réfléchis, je m’inspire, je dessine rapidement, je commence à découper… et où je sens que je tiens quelque chose, que ça me fait presque frissonner.

J’aime profondément ce métier. Même s’il peut être dur physiquement, et parfois mentalement aussi, parce que je suis souvent seule à tout gérer. J’ai bien sûr le soutien de mon père à l’atelier quand il le faut, et celui de mon entourage, mais ce sont des aventures exigeantes, qui demandent beaucoup d’énergie.

Et pourtant, je ne l’échangerais pour rien au monde.

J’aime aussi énormément la liberté que j’ai réussi à construire, les rencontres que ce travail m’a apportées… et ces moments très simples où je sculpte, où je suis complètement absorbée dans mon travail, enveloppée dans les copeaux, les odeurs du bois. Dans mon monde, finalement. Je sais alors que ce moment n’appartient qu’à moi et je mesure ma chance.”

 

Y a-t-il un rituel ou un moment particulier où tu te sens le plus inspirée ?

“Je n’ai pas vraiment de rituel précis, ça dépend surtout d’où je suis. À l’atelier, l’inspiration vient plutôt du calme, du temps long, de quelque chose de presque monacal. Et quand je suis à Paris, c’est l’inverse. C’est le mouvement, la multitude de choses qui se passent en très peu de temps. Il y a quelque chose de vibrant, plein de vie, qui m’excite et m’intrigue. Finalement, ce sont ces deux énergies très opposées qui nourrissent mon travail.”

#seo : alice damiens

Quelle sera la suite pour Romie Objettie ? 

“Honnêtement, si on m’avait dit il y a quatre ans que j’en serais là aujourd’hui, je ne l’aurais peut-être pas cru, parce qu’au départ je ne savais pas du tout où j’allais. Je n’ai pas une idée complètement figée de la suite, mais j’ai envie de continuer dans cette direction : aller vers des pièces plus expressives, parfois plus grandes, plus sculpturales, et laisser Romie grandir de manière assez naturelle. J’aimerais aussi m’ouvrir davantage à des collaborations avec des marques, imaginer des projets spécifiques, des dialogues entre mon univers et d’autres savoir-faire. Et puis, même si le bois reste mon langage principal, je sens aussi l’envie d’explorer d’autres matières à l’avenir. Continuer à pousser la créativité, tout simplement.”

Crédit photo : Clara Infante

#seo : alice damiens studio

“ Ce qui compte pour moi, c’est le caractère unique des pièces, et l’amour qu’on y met au moment de les concevoir. Mon travail va donc continuer d’osciller naturellement entre artisanat, design et expression artistique. J’aime cette transversalité, le fait que ces mondes puissent se rencontrer sans être forcément segmentés. Je n’ai pas envie de me mettre dans une case précise, parce que je trouve que cela peut vite devenir réducteur.

Face à un monde où tout est dans la prévision, le contrôle, la rapidité d’exécution, j’ai envie de faire l’inverse : envisager mon travail comme une expression libre de mon univers, sans trop de limites. Ce que j’exprime avant tout, c’est un amour de la matière, de l’imperfection, du geste. Et à un moment où la perfection, voire l’irréel, semble prendre de plus en plus de place, je crois que je me protège en cultivant exactement l’opposé.”

Suivez Alice dans ses aventures créatrives sur son compte Instagram @romie.objetti, et pour découvrir ses sculptures, rendez-vous sur www.romie-objetti.com.

La sélection d'Alice Damiens

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